Bee letter Février 2026

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Février : un mois décisif pour la colonie

Février est un mois de transition entre la fin de l’hiver et le début du printemps. Pour les colonies d’abeilles, cette période est à la fois porteuse d’espoir et particulièrement délicate. Si la lumière augmente progressivement et annonce la reprise d’activité, les conditions climatiques restent souvent rudes. Selon les régions, les températures peuvent encore chuter entre -15 °C et -20 °C. Les colonies les plus faibles risquent alors de mourir de faim si leurs réserves sont insuffisantes.

Une consommation en forte hausse

Avec l’allongement des journées, la reine redémarre sa ponte. Ce redémarrage marque le véritable lancement du cycle de développement annuel de la colonie. La grappe hivernale commence à se disloquer lentement afin de chauffer le couvain, qui doit être maintenu autour de 35 °C.

Cette reprise entraîne une augmentation significative de la consommation de miel. Les abeilles doivent produire davantage de chaleur pour assurer le bon développement des larves. Une vigilance particulière s’impose donc quant au poids des ruches. Si nécessaire, un apport de candi peut être réalisé, en veillant à ne pas refroidir la colonie par une ouverture prolongée.

Premières sorties et apports de pollen

Dès que le soleil apparaît et que les températures deviennent plus clémentes, les abeilles effectuent leurs vols de propreté. Ces sorties sont essentielles : elles leur permettent d’évacuer les déjections accumulées durant l’hiver.

Selon les territoires, les premières floraisons offrent également une source précieuse de pollen. Le noisetier, le saule ou encore certaines plantes précoces contribuent à enrichir les réserves protéiques de la ruche. Ces apports sont déterminants pour le développement du couvain. Si les conditions météorologiques restent favorables, la dynamique de croissance s’installe progressivement.

Une période à risque

Février demeure toutefois un mois instable. Les redoux suivis de brusques retours du froid peuvent fragiliser les colonies. Une reprise trop rapide de la ponte, combinée à une météo défavorable empêchant les sorties, peut entraîner une tension sur les réserves alimentaires.

C’est également une période charnière sur le plan sanitaire. Les abeilles d’hiver arrivent en fin de vie tandis qu’émerge la nouvelle génération. Toute faiblesse (pression parasitaire, maladie, carence alimentaire) peut alors compromettre le bon démarrage printanier.

Anticiper la saison à venir

Pour l’apiculteur, février est un mois d’observation et d’anticipation. Il convient de :

  • surveiller les réserves et le poids des ruches,
  • observer l’activité à l’entrée (vols, rentrée de pollen),
  • nettoyer les planchers si nécessaire,
  • préparer le matériel pour la saison (cadres, hausses, cire gaufrée).

C’est aussi le moment de commencer la lutte contre le frelon asiatique, notamment par le piégeage des reines fondatrices dans les régions les plus douces. Une action précoce permet de limiter la pression du prédateur durant la saison.

Février ne marque pas encore le printemps, mais il en conditionne toute la réussite. Une surveillance attentive et des interventions mesurées permettent d’accompagner la colonie vers un développement harmonieux et prometteur.

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